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Tentation - SdA - n°16 folie

Titre : Tentation
Auteur : plume_de_plomb
Challenge n°1
Table n°1
Prompt : n°16, folie
Fandom : Le Seigneur des Anneaux
Personnages/Pairing : Les membres de la communauté de l’anneau
Rating : PG
Spoilers éventuels : si vous avez vu les films ou lu les livres, il n’y en a pas…
Résumé : Je préfère éviter les résumés, ça pourrait gâcher le plaisir^^
Disclaimer : Ces personnages pleins d’émotions appartiennent au grand Tolkien
Nombre de mots : 1579 d’après Word
Note de l’auteur : J’aime beaucoup la première partie de la fic^^

L’anneau, l’anneau unique, forgé dans les flammes maudites de l’enfer, était un vice bien plus grand que son légitime propriétaire lui-même. Sa voix était attirante, subtile et le sens de ses paroles insidieux et fourbes. Il apaisait peurs, doutes et craintes afin de vous encourager à le porter à votre doigt d’où il pouvait ronger votre esprit et vous rendre dépendant de son pouvoir. Ce bijou dénué de tout ornement dévoilait par le feu ses origines abjectes et son goût pour la destruction. Il tentait éperdument d’attirer le regard de l’œil de feu, il espérait retrouver le doigt de son maître originel par lequel il aurait tout le loisir de se gorger de ses pensées sombres et ses profonds désirs de chaos. Il savait qu’il pourrait le retrouver, il savait que les cavaliers noirs ne tarderaient plus à venir le chercher. Il savait que tant que lui était encore là, Sauron le retrouverait, toujours, ils étaient liés, non pas par le sang mais par l’esprit. Il était un artefact puissant et toujours il restera en quête de puissance destructrice. Si il trouvait un autre porteur, plus maléfique et puissant que le maître du Mordor, il n’aurait aucun scrupule à couper les ponts avec lui. Cependant, ce n’était sûrement pas un Hobbit qui l’aiderait à assouvir ses besoins. Ils étaient petits, dépourvus de force ou de magie et ne savaient que rire, chanter et manger tout en ayant un pipe pleine de leur herbe à la main.
Il y avait bien sûr eu Gollum ; ce petit être avait tout abandonné pour lui, il avait même tué pour lui. Cependant, cet Hobbit n’avait point agi de la sorte par simple plaisir de faire du mal mais par fascination et peut-être même, si seulement il osait penser à cela, par amour pour ce petit bijou qu’il représentait. Des siècles, il avait passé des siècles dans les mains maigres et pâles de Gollum, des journées interminables à souffrir de ses caresses et de ses mots qui sonnaient faux dans la bouche de ce traître. Mais il avait été patient, il avait guetté l’occasion propice pour s’échapper dans l’espoir de tomber dans les mains d’une créature aux pensées sombres qui l’aurait ramené sans hésitations en Mordor.
L’anneau unique, lorsqu’une nouvelle main innocente s’était refermée sur lui, se demanda si le destin ne se jouait pas de lui. Bilbon Saquet n’était qu’un Hobbit comme les autres, qui aimait l’aventure et qui faisait des farces stupides en se servant de lui. Heureusement pour lui que son maître était parti à sa recherche et qu’il ne dut pas endurer d’autres siècles de tortures dans le monde de ces petites gens.
Il pouvait avouer que les Hobbit était suffisamment petits pour se faufiler entre les griffes des cavaliers noirs mais ils n’étaient pas assez forts pour leur résister et il maudissait ce fichu rôdeur qui l’avait empêché de rejoindre le Mordor plus vite. Cet imbécile d’humain ignorait ses douces paroles et faisait appel à toute sa volonté pour l’oublier. Quel affront il lui faisait en agissant de la sorte alors que son ancêtre avait été tout ouï à ses belles paroles !
A Fondcombe, la discussion qui avait eu lieu à son sujet avait été des plus divertissantes et tenter ce petit Hobbit à la volonté si faible avait été un tel jeu d’enfant que lorsqu’il s’était levé pour annoncer qu’il s’occuperait de le détruire, l’anneau s’était déjà senti dans les mains de Sauron.
Tout allait s’enchaîner et il se sentait heureux de retrouver son maître car il était persuadé de l’échec de leur stupide quête. La compagnie qui escortait ce petit Frodon Saquet était assez amusante… Le magicien hésitait même à l’observer. C’était un peu dommage car Gandalf était beaucoup plus puissant qu’il ne semblait paraître et le corrompre à ses propres desseins lui avait semblé très tentant car une fois ce mage blanc devenu noir, il aurait pu même surpasser ce que Sauron pouvait lui offrir en matière de douleur et de souffrance. Malheureusement, ce magicien était bien trop pur dans son esprit et il abandonna bien vite. Les quatre petits Hobbits étaient à oublier car ils ne lui apporteraient qu’ennui et écoeurement. Le nain et l’elfe n’étaient pas dignes d’intérêt non plus, ils passaient leur temps à se chamailler alors qu’il tentait de les sonder, c’était peine perdue de ce côté là également.
L’anneau unique avait tout de même un soupçon de chance pour répandre les querelles au sein du groupe car, il y avait là un cœur qui se laissait séduire par la puissance qu’il confiait à son porteur si on savait comment l’utiliser. Il l’avait bien entendu à la salle du conseil chez maître Elrond. Les hommes ont le cœur beaucoup trop sensible et il était facile de les manipuler. Aragorn sortait un peu de lot car il parvenait encore à faire la part des choses, il avait le cœur d’un roi fort, pas comme son ancêtre qui l’avait épargné lors de la dernière guerre. Par contre, Boromir était quelqu’un de facilement influençable. Il voyait en lui un pouvoir qu’il pourrait retourner contre le Mordor. L’anneau en riait et il aimait chercher ses pensées et les envahir de doutes et d’envies de le prendre afin de fuir avec lui jusqu’en Gondor, seul. Il insufflait en lui une douce déraison et centrait ses pensées directement sur lui et rien que sur lui. La manipulation de l’esprit lui semblait si divertissante… Cet homme était amusant, on pouvait faire de lui ce qu’on voulait. Il avait un bon fond et ses envies naïves de tout remettre dans l’ordre de façon rapide et propre allaient être ce qui le mènerait à sa perte…

***
Lorsque Boromir ramassa l’anneau échoué dans la neige, il s’immobilisa. Le contact du métal froid et lisse lui arracha un frisson, non de froid mais de soulagement. Toucher l’objet qui hantait à présent ses pensées lui apportait un tel apaisement qu’il ne remarqua même pas Frodon lui demander de le lui rendre. Il ne releva les yeux que lorsqu’il sentit le regard appuyé du rôdeur se poser sur lui. C’est à contrecœur qu’il rendit ce bijou si simple et si parfait à son porteur. Boromir fermait la marche et Aragorn voulut rester auprès de lui tandis que Gandalf les menait vers les sommets des montagnes. L’intendant du Gondor ne lui adressa pas un seul regard et continuait à avancer, les yeux dans le vague. Du coin de l’œil, le rôdeur le dévisageait. Il sentait qu’il se passait quelque chose, il avait la vague impression que ce n’était pas l’esprit de son porteur que l’anneau rongeait. Ce bijou semblait doué d’une intelligence et avait trouvé celui qu’il pouvait manipuler afin de mener la communauté à sa perte. De plus, il s’inquiétait pour la santé de l’homme. Il était tout de même l’héritier du trône du Gondor malgré les doutes de son voisin mais Boromir était avant tout son intendant et sa lignée, sa famille en avait déjà fait beaucoup pour son peuple… le voir affublé d’un poids supplémentaire sur les épaules lui tordait ses propres entrailles. Il se sentait coupable bien qu’il n’avait aucune raison de l’être.

- Pourquoi me dévisagez-vous de la sorte, Aragorn ?

L’interpellé tourna poliment la tête vers Boromir et continua à le dévisager, cette fois avec un regard franc. Les traits du fils de l’intendant du Gondor était tirés et des cernes creusaient sa peau qui avait perdu de son teint halé et était à présent terne. Ses yeux gris si alertes étaient dissimulés derrière un voile d’inquiétude et de doutes, démontrant bien que son esprit se faisait ronger à son insu, petit à petit, telle un minuscule rongeur attaquant peu à peu la paroi d’un riche meuble afin d’y creuser sa demeure.

- Parce qu’un voile de conflit intérieur dissimule vos yeux et votre visage pourtant noble semble à présent troublé.
- Je n’ai besoin de l’inquiétude de personne, répondit Boromir sa voix étranglée et légèrement éraillée.
- L’inquiétude d’autrui ne vous apporterait rien. Par contre, le soutient et une conversation amicale pourrait vous aider, vous changer les idées…

Boromir finit par tourner ses yeux gris vers Aragorn et l’observa silencieusement. Il y avait de l’agressivité dans le voile qui atténuait l’éclat de ses pupilles mais derrière cette barrière, une lueur de remerciement, de demande d’aide, ou du moins, c’est ce que cru voir le rôdeur. D’un seul homme, leur attention retourna au devant, le chemin se faisait plus étroit et plus pentu, la neige s’imprégnait dans leurs chauds vêtements et le vent devenait de plus en plus violent. La tempête n’allait pas tarder à faire rage.

- Ca me ronge… je me sens attiré par cette aura… mais réfléchissez-y, cet anneau, il pourrait nous sauver, il pourrait…
- … vous détruire…

L’intendant du Gondor se crispa. N’ayant pas de paroles à offrir pour son réconfort, Aragorn ne trouva qu’à passer sa main dans celle de son interlocuteur qui se tendit un peu plus mais finit par se décontracter. Il voulait le remercier de vouloir l’aider à passer outre cette obsession pour ce bijou, cet artefact maléfique qui en avait tué plus d’un qu’il soit ou non au doigt de son propriétaire légitime, Sauron. Boromir serra un peu plus la main qui s’était logée dans la sienne, il ne pouvait faire mieux, les mots ne sortant pas. Il se concentrait sur cette marque de soutien et d’affection et essayait d’oublier les paroles insidieuses de l’anneau unique, tant bien que mal.
Tags: sda
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